Riberdy, H., et Tourigny, M. (2008). Fréquentations amoureuses et violence au secondaire : Coup d’œil à Montréal, Rapport thématique no. 2, Enquête sur le bien-être des jeunes Montréalais 2003. Montréal, Québec : Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Direction de santé publique. Récupéré du site : http://publications.santemontreal.qc.ca/uploads/tx_asssmpublications/978-2-89494-877-4.pdf

Fréquentations amoureuses et violence au secondaire : Coup d’œil à Montréal, Rapport thématique no. 2, Enquête sur le bien-être des jeunes Montréalais 2003.
2008

L’Enquête sur le bien-être des jeunes Montréalais a été réalisée au printemps 2003 auprès d’un échantillon
d’élèves représentant l’ensemble des élèves qui fréquentent une école primaire ou secondaire du réseau
public et privé, tant de langue française qu’anglaise, sur l’île de Montréal.
Le présent rapport constitue le quatrième document réalisé dans le cadre de l’enquête. Un premier survol
des résultats de l’enquête a été présenté dans le rapport annuel 2004-2005 de la Direction de santé
publique de Montréal. Cet ouvrage a été suivi du rapport thématique no 1 portant sur la description de
l’enquête et la méthodologie retenue, puis du rapport no 2 portant sur la détresse psychologique des enfants
et des adolescents montréalais.
La violence durant les fréquentations amoureuses semble survenir tôt chez les adolescents et les
répercussions sur la santé physique, mentale et sexuelle qui en découlent font de ce phénomène un
problème de santé publique important1,2,3,4. Soucieuse d’en saisir l’ampleur réelle, la Direction de santé
publique de Montréal a introduit plusieurs questions à ce sujet dans l’Enquête sur le bien-être des jeunes
Montréalais réalisée en 2003 auprès de l’ensemble des écoles montréalaises.
En effet, la littérature s’intéresse depuis peu à la violence dans les fréquentations amoureuses et l’état
actuel de la recherche nous oblige à constater de fortes variations dans les taux de violence. En ce qui
concerne la victimisation, on note dans les études qu’entre 15 % et 96 % des adolescents auraient subi au
moins un épisode de violence psychologique au cours de leurs fréquentations amoureuses; de 8 % à 20 %
auraient subi au moins un épisode de violence physique; et que, concernant la violence sexuelle, ce serait
le cas pour 6 % à 33 % des adolescents (pour une recension des écrits, voir Fernet5).
Quant aux études portant sur les agressions commises dans la dernière année au sein des fréquentations
amoureuses, on dépiste que 4 à 95 % des adolescents admettent avoir eu recours à de la violence
psychologique; que 1 à 35 % des garçons et 2 à 68 % des filles reconnaissent avoir exercé de la violence
physique à l’égard de leur partenaire; et qu’au niveau de la violence sexuelle, 4 à 37 % des garçons ainsi
que 1 à 23 % des filles avouent en avoir infligé (pour une recension des écrits, voir Domond6).
Certaines études ont exploré le fait que des adolescents puissent être à la fois victimes et agresseurs. Bien
que les résultats soient difficilement comparables, on peut établir qu’il s’agit d’une forte proportion parmi
ceux qui ont fait l’expérience de fréquentations peu harmonieuses (pour une recension des écrits, voir
Domond6 ).
Ces écarts quant à l’ampleur de la violence au sein des fréquentations amoureuses seraient liés à différents
facteurs méthodologiques, dont le fait que l’incidence et la prévalence ne soient que rarement distinguées
dans les recensions, la variabilité de la définition des différentes formes de violence d’une étude à l’autre,
l’absence de consensus sur la définition d’une fréquentation amoureuse et le choix des populations à
l’étude caractérisées principalement par des échantillons de convenance 5,6,7,8,9,10.
Il faut dire qu’il n’est pas facile de donner un portrait exact des manifestations de violence au sein des
fréquentations amoureuses des adolescents. D’ailleurs, la majorité des études à ce sujet sont incomplètes
et ne rapportent pas la présence simultanée des différentes formes de violence telles que la violence
psychologique, physique et sexuelle11. D’autres ne recueillent les informations de victimisation qu’auprès
4 Violence et fréquentations amoureuses au secondaire : coup d’oeil à Montréal
des filles et d’agression qu’auprès des garçons. Très peu portent, comme l’EBJM, sur des échantillons
représentatifs et ont fait autant d’effort pour rejoindre les familles de minorités ethniques.
Dans cette optique, ce rapport thématique vise à déterminer la prévalence et la cooccurrence annuelle de la
violence (sexuelle, physique et psychologique) en contexte de fréquentations amoureuses, et ce, en
fonction du sexe et du niveau de scolarité des répondants. Il s’agit d’un rapport descriptif. Des études plus
approfondies seront réalisées ultérieurement.


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