Au coeur du GRISE – un entretien avec Myriam Laventure

Novembre 2021

Chaque mois, nous vous proposons une incursion au coeur du Groupe de recherche et d’intervention sur les adaptations sociales de l’enfance (GRISE), par le biais d’un entretien avec un de nos membres chercheurs. Ce mois-ci, nous avons discuté avec Myriam Laventure, qui est professeure titulaire au département des sciences de la santé communautaire à l’Université de Sherbrooke et membre chercheur régulier du GRISE. 

De l’intervention à la prévention  

Bien que ce soit aujourd’hui la prévention qui anime sa pratique, c’est d’abord en intervention que Myriam Laventure s’introduit à la psychoéducation. Au début des années ‘90, fraîchement diplômée du baccalauréat, Myriam travaille en centre jeunesse où elle accompagne une clientèle en délinquance, ainsi que des jeunes fugueuses et fugueurs. Puis un jour, un collègue lui fait part d’un poste à combler en dépendance, au centre de réadaptation où celui-ci travaille. Prête pour de nouveaux défis, Myriam postule. C’est ainsi que débute sa spécialisation en dépendance.  

« J’ai commencé ma carrière en centre de réadaptation en dépendance. J’ai fait ça pendant 12 ans, intervenir avec des adolescent.e.s et leurs parents. Le besoin de mieux comprendre les jeunes et leur entourage m’a mené vers la maîtrise, puis le doctorat. Ma majeure est toujours restée la toxicomanie. » 

Au cœur de sa pratique : la famille 

Travailler avec l’entourage, les membres de la famille ainsi qu’avec le système en place est ce qui anime fondamentalement sa profession. Une part de son expertise vise à améliorer le mieux-être des familles, via l’implantation du programme Cap sur la famille, un programme pour les parents ayant une dépendance et leurs enfants âgés entre 6 et 12 ans.   

Photo prise lors d’une formation Cap sur la famille s’adressant aux personnes intervenantes

Vous vous inquiétez de l’impact de votre consommation sur le développement de votre enfant ? C’est ce qu’on peut lire sous l’onglet « Parent », en naviguant sur le site internet de Cap sur la famille. De nombreuses familles québécoises ont su réduire les répercussions de la dépendance parentale sur leur vie familiale grâce aux ateliers hebdomadaires offerts par le programme. 

Encouragée par les retombées positives, la chercheuse souhaite aujourd’hui rendre le programme accessible dans toute la province. 

« Avec Chantal Plourde, ma collègue de l’UQTR, on travaille actuellement avec les communautés autochtones, afin d’adapter à leur réalité le programme Cap sur la famille. »  

Curieux.se d’en savoir plus ? Myriam discute de parentalité en contexte de dépendance dans cet épisode d’Adaptation, le balado du GRISE :

Parentalité et dépendance ; réduire les répercussions de la dépendance parentale sur la vie familiale

Prévenir la dépendance en milieu scolaire 

Myriam se spécialise également en prévention des dépendances en milieu scolaire, chez les adolescent.e.s et jeunes adultes, plus précisément chez les 10-24 ans. 

Avec ses collègues, Karine Bertrand et Jean-Sébastien Fallu, Myriam évalue présentement l’implantation des pratiques préventives en milieu scolaire, afin de rédiger des recommandations visant les personnes en intervention psychosociale, les psychoéducatrices et psychoéducateurs ainsi que toute personne qui œuvre en prévention auprès des jeunes en milieu scolaire. 

« De plus en plus, les programmes de prévention qui s’implantent dans les écoles répondent aux bonnes pratiques. Maintenant, on va aller voir si ça fonctionne, sur le terrain. C’est une chose d’avoir un bon programme, mais de l’appliquer dans une école secondaire, ça en est une autre ! On s’intéresse à savoir quels sont les facilitateurs et quelles sont les barrières, puis on va faire des recommandations pour soutenir ce type d’intervention. »  

 

Visiter le profil de Myriam Laventure 

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