Traumatismes et délinquance. Mieux comprendre comment la délinquance et les traumatismes s’inter-influencent et sont associés à la récidive criminelle

Chercheur.e principal.e :

Cochercheur.es :

Delphine Collin-Vézina, Nadine Lanctôt, Geneviève Parent, Katherine Pascuzzo

État du projet :

Dates :

avril 2021 - mars 2026

Résumé :

Ce projet à devis mixte (quantitatif et qualitatif) porte sur les événements traumatiques auxquels les jeunes contrevenants (JC) sont exposés et sur les symptômes post-traumatiques qui y sont associés. Nous nous intéressons aussi à la façon dont ces symptômes post-traumatiques sont associés à la récidive criminelle et aux perceptions des JC quant aux événements marquants qu’ils ont vécus dans le contexte de la délinquance. Les événements traumatiques sont perçus et vécus comme dangereux et menaçant la vie; ils peuvent avoir été vécus dans l’enfance, ou plus récemment dans des situations avec les pairs ou la communauté (Lassemo et al., 2017). Jusqu’à 95% des JC révèlent avoir vécu au moins un événement traumatique au cours de leur vie (Stimell et al., 2014; Welfare et Hollin, 2015) alors que cela ne concerne que 61% des adolescents en population générale (McLaughlin et al., 2013). Les événements traumatiques peuvent mener à un trouble de stress post-traumatique, caractérisé par des symptômes de reviviscences, d’évitement et d’hyper éveil (Ford et al., 2020; Kerig et al., 2013; Kerig, 2018). Les écrits scientifiques font aussi référence à un regroupement de symptômes appelé « trauma complexe » (Ford et Courtois, 2013) ou « trauma développemental » (Kerig et al., 2016). Ces symptômes résultent de l’exposition à des événements de nature interpersonnelle impliquant souvent la trahison; répétés ou prolongés; impliquant un tort direct au moyen de différentes formes de maltraitance de la part des personnes responsables des soins; survenant à des périodes où l’individu est plus vulnérable. Les séquelles laissées par les traumas complexes sont considérées comme altérant de façon marquée le fonctionnement affectif, physiologique, attentionnel, comportemental et relationnel de la personne (Ford et Courtois, 2013). L’originalité du projet est d’étudier les symptômes post-traumatiques présentés par les JC comme étant à la fois liés aux événements traumatiques pouvant être vécus durant l’enfance ou l’adolescence (non spécifiques à un contexte délinquant), dont ceux liés au trauma complexe, et aux événements traumatiques spécifiques au contexte délinquant. Les résultats permettront de mieux comprendre comment les événements traumatiques, les symptômes post-traumatiques qui en découlent et les perceptions des JC de ces événements sont liés à la récidive criminelle et ultimement de proposer des pistes d’interventions visant à réduire le risque de récidive. Ce projet repose sur le modèle théorique développemental transactionnel de Kerig et Becker (2010) selon lequel les événements traumatiques peuvent mener à des symptômes post-traumatiques affectant les processus développementaux, constituant des facteurs de risque de délinquance. La délinquance viendrait par la suite exacerber ces déficits développementaux dans un effet de rétroaction. Bien que non considéré dans le modèle initial de Kerig et Becker, l’engagement dans un style de vie délinquant augmenterait le risque d’exposition à d’autres événements traumatiques, par la violence et la victimisation inhérentes à ce contexte. Ce projet innove donc en considérant la boucle rétroactive entre délinquance et événements traumatiques, ajoutant au modèle initial en plus d’étudier les liens avec la récidive criminelle. Ce projet a deux objectifs généraux. Le premier objectif, quantitatif, est de mettre à l’épreuve le modèle théorique de Kerig et Becker (2010) en y incluant les événements spécifiques au contexte délinquant et la récidive criminelle. Le second objectif, qualitatif, est d’explorer les perceptions des JC quant aux événements marquants qu’ils ont vécus dans leur parcours de délinquance et comment ces événements influencent la façon dont ils expliquent leurs conduites délinquantes.

Organisme.s subventionnaire.s :

Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) - Programme Savoir
Axe 3:
Soutenir l’adaptation et l’équilibre des personnes exposées aux conséquences des difficultés d’adaptation lors des périodes de transition.