Victimisation verbale, relationnelle et indirecte chez les filles: Une approche méthodologique mixte pour comprendre le rôle du ‹‹slut shaming››, des comportements homophobes et du harcèlement sexuel

Chercheur.e principal.e :

Cochercheur.es :

Melanie Dirks, Geneviève Paquette

État du projet :

Dates :

Décembre 2019 - mars 2022

Résumé :

La victimisation verbale et indirecte, forme la plus commune de victimisation chez les filles, a de sérieuses conséquences immédiates et à long-terme sur le fonctionnement psychosocial. Pendant l’adolescence, l’efficacité des interventions pour remédier à cette forme de victimisation décline, allant jusqu’à causer du tort. En dépit du nombre considérable de recherches sur les causes et les conséquences de cette forme de victimisation, le manque d’efficacité de ces interventions souligne l’importance d’étudier ce problème pourtant bien connu à l’aide d’une nouvelle approche. Les travaux de recherche qualitatifs suggèrent que la victimisation verbale et indirecte chez les filles concerne leur sexualité et leur comportement sexuel. Ces résultats soulignent l'importance de comprendre comment la violence genrée (i.e., le « slut shaming », les comportements homophobes et le harcèlement sexuel) est associée à la victimisation verbale et indirecte et comment les liens entre ces formes de victimisation sont influencés par les normes de genre en général. Poursuivant ce but, le projet vise trois objectifs à l’aide d’une approche mixte : 1) Examiner comment les histoires de victimisation indirecte et verbale subie et perpétrée de l'enfance jusqu'à l'adolescence sont associées avec la violence genrée ; 2) Évaluer les associations entre le victimisation indirecte et verbale et les formes de violence genrée dans la vie quotidienne des adolescentes ; 3) comprendre les liens que tissent les enseignant.e.s, les parents et les adolescentes elles-mêmes entre la victimisation verbale et indirecte et la violence genrée. Chacun de ces objectifs sera examiné en considérant certaines normes de genre comme la conformité de genre, les attitudes sexistes et la sexualisation internalisée. Pour atteindre le premier objectif, les données longitudinales recueillies chaque année sur une période de 10 ans auprès de filles de quatre régions du Québec (N = 348) sur leur victimisation verbale et indirecte seront utilisées. Plus précisément, les associations entre les trajectoires de ce type de victimisation et les formes de violence genrée seront étudiées. La deuxième étude utilisera un journal dans lequel les filles âgées de 14 à 16 ans (N = 200) consigneront des données pendant onze jours sur cette forme de victimisation permettant une compréhension plus fine de ce phénomène dans leur quotidien. Pour le troisième objectif, les résultats des deux premières études seront présentés à des groupes de discussion composés respectivement d’enseignantes (N = 20), de filles, élèves au secondaire (N = 20) et de parents (N = 20). Un groupe de discussion pilote sera aussi conduit auprès de filles, élèves au primaire (N = 10). Ces personnes seront invitées à indiquer à quel point et comment ces résultats reflètent ou non leurs propres expériences, et quel type de soutien est nécessaire pour intervenir sur les facteurs impliqués. Ce projet est susceptible d’avoir un impact important sur notre compréhension du lien entre la victimisation verbale et indirecte chez les filles lors de leur transition à l’adolescence. Le plan de mobilisation des connaissances vise à outiller les directions d’école, leur personnel et les adolescentes elles-mêmes en leur permettant de s’approprier les résultats de cette étude.

Organisme.s subventionnaire.s :

Action concertée - Fonds de recherche du Québec – Société et Culture (FRQSC)
Axe 2:
Modifier les parcours développementaux et les trajectoires des enfants présentant des difficultés en raison de caractéristiques personnelles ou environnementales.