Signalement d’une situation de violence sexuelle à l’université : l’importance du soutien dans l’expérience des personnes victimes

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Référence

Bergeron M, Vert É, Baril K, Pelland MA, Savoie L, Ricci S, Auclair I, Chagnon R, Lapierre S, Martin-Storey A. (2025). Signalement d’une situation de violence sexuelle à l’université : l’importance du soutien dans l’expérience des personnes victimes. Canadian Journal of Higher Education / Revue canadienne d'enseignement supérieur, 55(3), 70–84.


Résumé

La prévalence élevée des violences sexuelles en milieu d’enseignement supérieur (VSMES) et leur sous-signalement sont bien documentés. Or, nous avons peu d’informations récentes sur l’expérience vécue des personnes qui signalent des VSMES à leur université et dans quelle mesure les services ou ressources de l’établissement répondent à leurs besoins. La présente étude vise à mieux comprendre les expériences de personnes ayant subi des VSMES et ayant signalé la situation à leur établissement; elle éclaire particulièrement sur les éléments facilitants et les contraintes durant leur parcours de signalement. L’échantillon compte 22 personnes francophones provenant de sept universités canadiennes, dont 18 personnes étudiantes. La notion de soutien social ressort comme un élément central et transversal en ce qui concerne tant les éléments facilitants que les obstacles. Dans les témoignages, le soutien ne relève pas exclusivement des équipes d’intervention mandatées par les universités pour l’accompagnement des personnes victimes; le soutien est à envisager tout au long du parcours de signalement, car il implique une pluralité de ressources universitaires, dont les services étudiants. Concernant les obstacles, les plus fréquents sont ceux faisant référence aux dimensions organisationnelles ou structurelles de l’université et à la perception négative de la réponse institutionnelle, soit deux enjeux pour lesquels les établissements disposent d’une marge de manœuvre en vue d’améliorer les services de soutien. Les résultats appuient des propositions pour améliorer les pratiques actuelles d’accompagnement des personnes touchées par ces violences, ainsi que les formations destinées à l’ensemble de la communauté universitaire.


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