Jeunes contrevenants endeuillés: Combler le vide et le combattre

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Référence

Laurier C, *Machado da Silva T, *Paré M, Ummel D, *Jubinville V. (2026). Jeunes contrevenants endeuillés: Combler le vide et le combattre. European Journal of Trauma & Dissociation.


Résumé

Introduction : Au Canada, bien qu’ils ne représentent que 7 % de la population canadienne, les adolescents sont impliqués dans environ 13 % des infractions rapportées aux forces de l’ordre chaque année (Gouvernement du Canada, 2016). Au-delà des infractions, un facteur aggravant important à considérer est leur exposition antérieure ou concomitante à des situations de maltraitance ou de négligence, dès la petite enfance. Parallèlement, ces jeunes s’exposent à des situations qui peuvent entrainer d’autres traumatismes par leur mode de vie délinquant. Parmi ces expériences précoces et contemporaines, la perte d’une figure significative, par décès ou rupture relationnelle définitive, apparaît comme un facteur central. Ces expériences prennent des formes diverses telles que des décès traumatiques, des séparations précoces liées au parcours migratoire ou à l’abandon parental.

Objectif : L’objectif de l’étude est de mieux comprendre comment les jeunes contrevenants se représentent les traumas liés aux pertes relationnelles définitives et aux décès de leurs proches, et comment ils considèrent que ceci a pu influencer leur parcours de délinquance.

Méthode : Cet article porte sur l’analyse qualitative inductive de 13 entrevues semi-structurées individuelles inspirées du Life-Story Interview (McAdams, 2008) menées auprès de jeunes contrevenants âgés de 15 à 19 ans.

Résultats : Trois thèmes relatifs aux ruptures relationnelles définitives et aux décès ont émergés : (1) les expériences vécues; (2) les réactions des jeunes; et (3) leur perception de leur délinquance.

Discussion : Deux types de pertes relationnelles se chevauchent chez les jeunes contrevenants, exacerbant leur vulnérabilité relationnelle et émotionnelle: les décès et les ruptures relationnelles définitives concernant des personnes significatives faisant office de premières figures d’attachement (les parents, la famille élargie) et les décès de pairs issus du milieu délinquant prenant parfois la place de figures familiales de remplacement. Y sont associées deux types de réactions chez les jeunes rencontrés : d’une part, des réactions plus atténuées associées à des pertes précoces et, d’autre part, des réactions fortement négatives associées à des pertes liées à l’univers délinquant. Finalement, des pistes pour l’intervention auprès de ces jeunes vulnérables sont discutées.


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